LA PINCTADA MARGATIFERA

article  réalisé par OZ TAHITI, spécialisé dans le vente de bijoux en perle de Tahiti.

 

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L’HUÎTRE PERLIERE : Pinctada margaritifera

                Les huîtres perlières font partie de la famille des Pteriidae. Elles ont été généralisées à tort sous le nom « d’huîtres » perlières, car elles sont anatomiquement différentes des huîtres comestibles qui font partie de la famille des Ostreidae :.

–          les huîtres perlières possèdent un pied, organe fouisseur lui permettant de se déplacer, et un byssus assurant la fixation à des substrats.

–          les huîtres comestibles n’ont ni pied, ni byssus. Elles se fixent par l’une des valves.

Les Pteriidae et les Ostreidae se différencient également par la forme et la composition de leurs coquilles :

–          la coquille des Pteriidae(huitres perlières) est formée d’une couche de calcite et d’une couche d’aragonite (nacre)

calcite aragonite

–          la coquille des Ostreida e (huîtres comestibles) ne comporte que de la calcite.

Deux genres d’huîtres sont capables de produire des perles : les Pteria et les Pinctada.

Parmi les Pinctada, 3 espèces sont importantes pour leurs perles et pour leurs coquilles :

Pinctada martensii ou fucata, espèce japonaise qui produit des perles blanches. On la trouve aussi en Mer Rouge,  dans le Golfe Persique, en Inde, en Chine.

pinctada martensii

Pinctada maxima, est la plus grande espèce d’huître perlière. Elle est cultivée en Australie et  produit les plus grosses perles de culture qui sont de couleur blanche et dorée. Elle est également présente en Birmanie, en Indonésie, aux Philippines.

pinctada maxima

Pinctada margaritifera produit des perles noires.

huitre

 

               La Pinctada margaritifera ou huître perlière à lèvres noires ou nacre ou parau, est une espèce des Mers du sud qui se répartit dans la région Indo-Pacifique. Elle est présente au Japon, en Australie, en Inde, en Mer Rouge, dans les Caraïbes, dans le Golfe Persique, dans l’Océan Indien, dans les îles Cook, Tonga, Samoa, Hawaii, en Nouvelle-Calédonie, en Indonésie et en Polynésie. Elle est abondante en Polynésie française, particulièrement dans les archipels des Tuamotu-Gambier où elle se rencontre au niveau des pinacles, fixée au corail vivant ou mort ou sur les fonds sablonneux entre les pinacles, à 50 m de profondeur.

nacre

 

 

 

Présentation de l’animal

L’huître perlière, ou nacre, est un Mollusque de la famille des Lamellibranches ou Bivalves.

La Pinctada margaritifera  est caractérisé par la couleur noire-verdâtre du bord de la coquille, ce qui lui a valu le nom d’huître à lèvres noires.

 

Organisation de l’animal

 

 La coquille

– La coquille est formée de trois couches :

– le périostracum, couche organique composée de conchyoline ;

– l’ostracum ou couche prismatique ;

– la couche d’aragonitique.

calcite aragonite

Les deux dernières couches contiennent aussi de la conchyoline dans laquelle baignent des cristaux de sels de calcium : des cristaux de calcite de forme prismatique pour la première couche et des tablettes d’aragonite  pour la couche nacrée.

 

2.2.              Les parties charnues

Anatomie

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Le manteau

Le manteau est l’organe le plus externe, enveloppant ainsi  les branchies et tous les organes de l’animal. Il sécrète la coquille et en assure la croissance. Son rôle est fondamental pour la perliculture, puisque c’est lui qui sécrète aussi les perles et les mabe. (Les perles et les mabés sont le résultat d’une réaction de défense de l’animal).

mabé dans nacremabés

                Il est formé de deux lobes palléaux qui tapissent l’intérieur de chaque valve. Soudés à la masse viscérale et au muscle adducteur, ils se rejoignent dorsalement le long de la charnière pour former l’isthme.

 

L’appareil respiratoire

Il est constitué par une paire de branchies ou cténidies. Elles sont disposées symétriquement de part et d’autre de la masse viscérale et sont recouvertes par la face viscérale de la zone palléale du manteau.

Point d’insertion des cténidies : entre les 2 palpes labiaux du même côté. Les cténidies sont au nombre de 2 : gauche et droite.

Chaque cténidie comprend un axe branchial et 2 lames branchiales ou hémi-cténidie

Les filaments, éléments de base de la branchie, sont insérés perpendiculairement à l’axe.

– les filaments ordinaires, plus nombreux, constituent les plis

– les filaments principaux, plus larges, sont situés dans le creux de chaque pli.

 

L’appareil digestif

Englobé en grande partie dans la masse viscérale, il est constitué du tube digestif et de la glande digestive.

 Le tube digestif

Il débute par la bouche, épaisse et lisse, entourée de 2 lèvres de couleur ocre qui sepoursuivent en des lames de tissu triangulaires qui correspondent aux 4 palpes labiaux. L’intestin descend dans la partie ventrale en passant entre les 2 muscles rétracteurs du pied et du byssus.

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·         Comment la nacre se nourrit-elle ?  

                La nacre est un organisme filtreur qui se nourrit grâce aux branchies, en captant les particules en suspension dans l’eau. Les branchies sont formées de filaments munis de nombreux cils. Le battement synchrone de ces cils provoque un courant d’eau qui traverse les branchies. Les huîtres perlières ont une puissance de filtration très importante afin de pallier à la pauvreté en nourriture (ou oligotrophie) du milieu. Elles filtrent en moyenne 10 à 15 L/h, mais peuvent aller jusqu’à 30 L/h. L’eau, riche en particules alimentaires, traverse les branchies qui, au passage, retiennent les particules avant de ressortir par la région postérieure de l’animal.                    

filtration

 

·         De quoi la nacre se nourrit-elle ? 

Les nacres, comme les autres organismes filtreurs, se nourrissent de particules organiques en suspension dans l’eau : la Matière Organique Particulaire ou MOP. Le rôle des bactéries et de la matière organique dissoute dans l’alimentation des nacres est limité.

Les nacres ne peuvent pas capter des particules inférieures à 2 µm ; elles n’ont donc pas accès au picoplancton (la plus petite taille du plancton) très abondant dans les atolls. L’éventail des tailles des particules captées se situerait entre 2 et 200 µm, avec des tailles optimales comprises entre 5 et 60 µm.

 

 L’appareil reproducteur 

                P. margaritifera est un hermaphrodite protandre, c’est-à-dire que l’animal passe d’abord par l’état mâle étant jeune. Ensuite, vers l’âge de 4-5 ans, la plupart des nacres changent de sexe et deviennent femelles. Des individus bisexués peuvent être rencontrés. Leur petit nombre suggère que l’inversion sexuelle doit être un phénomène rapide.

Cette espèce est instable sexuellement :

– quand les conditions du milieu sont favorables (température, nutrition), le pourcentage de femelles sera plus important ;

– si les nacres sont stressées (mauvaises conditions de température ou de nutrition, manipulations lors du nettoyage des coquilles, transfert de nacres), la proportion des femelles.

 

  La poche perlière

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Comme le manteau, cet organe est sollicité dans le domaine de la perliculture, car c’est lui qui reçoit le nucléus et le greffon.

Cette poche est située dans la partie ventrale de la masse viscérale, sous les muscles rétracteurs du pied et du byssus. Elle est d’aspect translucide et de taille variable selon les individus.

Elle se présente sous forme d’une lame de tissu aplatie latéralement et pouvant être pigmentée. Mis à part la boucle intestinale située dans sa partie postérieure et au niveau de son attachement à la masse viscérale, la poche ne contient aucun organe vital. En période de maturité sexuelle de l’animal, elle peut être presque totalement envahie par la gonade.

Made with Repix (http://repix.it)
Made with Repix (http://repix.it)

L’étude histologique montre que la poche perlière est une lame de tissu conjonctif, enveloppée de couches musculaires et limitée par un épithélium.

Le tissu conjonctif très lâche renferme de nombreuses lacunes sanguines, quelques vaisseaux sanguins et quelques filets nerveux.

 

 L’appareil circulatoire

Il se compose d’un cœur et d’un système de lacunes et de vaisseaux sanguins, qui assurent la circulation de l’hémolymphe à travers tout l’organisme.

 

 L’appareil rénal

Il est également visible au premier examen macroscopique. De couleur marron, il est situé sous le cœur et de chaque côté de la masse viscérale.

Les produits d’excrétion sont rejetés au niveau des orifices uro-génitaux.

 

Les appareils musculaires, locomoteurs et fixateurs

Les principaux muscles sont :

– le muscle adducteur

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– les muscles rétracteurs du pied et du byssus

–  le pied et ses muscles élévateurs

 

Les maladies 

Plusieurs types de « maladies » ont été observées :

 

 Les lésions de la coquille

                Pour les perliculteurs, le mot « maladie » évoque pour eux des animaux qui bavent et qui possèdent un muscle adducteur faible. Ils sont surtout caractérisés par des coquilles abîmées, présentant des dépôts de matière organique (conchyoline) de couleur marron foncé sur leur face interne. Ces dépôts peuvent être très importants et gêner la fermeture des valves. Ils se présentent sous 2 formes :

– ils peuvent être de consistance molle et s’enlever par grattage

– ils présentent une consistance dure et une structure feuilletée.

Ces dépôts marron sont observés au bord des coquilles, mais aussi dans la région centrale près du muscle adducteur.Les tissus de la nacre, prennent une coloration jaunâtre. Ce n’est pas un agent pathogène dans ces dépôts, ni dans les tissus correspondants. Ce type de dépôts relié à celui du manteau, résulte d’un stress mécanique ou chimique. Il y a, au départ, une irritation ou blessure de l’épithélium qui entraîne une malformation consécutive de la coquille.

  

Biodégradation des coquilles

                Les premiers organismes à s’installer sur les coquilles sont les végétaux. Ils sont appelés « microperforants« . Ils regroupent des algues bleues (Cyanobactéries), des algues vertes (Chlorophycées) et des champignons. Malgré leur petite taille, leur action n’est pas négligeable dans l’altération des substrats calcaires.

Après les microperforants, ce sont les « macroperforants » qui s’installent, représentés par des éponges appelées cliones qui se traduit par la présence d’une coloration rose ou rouge de la face interne des coquilles.

La répartition des organismes perforants dans l’épaisseur des coquilles est hétérogène.

– Les algues, sont situées près de la surface des coquilles.

– Les champignons sont situés plus en profondeur dans la coquille.

L’installation de ces perforants serait due à des nettoyages très fréquents des nacres. Les brossages abîmeraient la couche organique externe de la coquille qui a un rôle de protection. Par-contre, ne pas nettoyer les nacres favorise le développement des biosalissures qui peuvent ralentir la croissance des huîtres perlières, mais protégeraient les animaux, en empêchant l’installation des perforants. En définitive, il faut trouver un compromis entre nettoyage et maintien de certaines salissures sur les coquilles ce qui permettrait d’avoir une croissance maximale des animaux et une dégradation minimale des coquilles.

               

Les ascidies ou « mousse blanche » 

                Depuis quelque temps et dans plusieurs lagons, « une mousse blanche » est apparue sur les coquilles des nacres. Elle se développe sur le côté externe des coquilleset peut envahir totalement les 2 valves. Cette « mousse blanche »correspond en fait à une ascidie coloniale Didemnum apuroto (animal marin solitaire ou vivant en colonie et en forme d’urne) qui a toujours existé. Depuis 1998, l’ascidie s’est développée de façon importante, recouvrant les nacres, les chapelets, les cordes, stations et les grillages de protection.

Ces ascinies sont en compétition pour la nourriture, car ce sont aussi des animaux filtreurs qui se nourrissent de particules en suspension. Sur le terrain, l’ascidie entraîne l’affaiblissement des nacres adultes, ainsi que la suffocation du naissain sur les collecteurs.

  Recherche d’agents pathogènes

                L’apparition progressive de la mortalité des huîtres perlières dans différents lagons, selon des symptômes identiques, laisse supposer l’intervention d’un agent pathogène, cause de la mortalité massive de 1985.

Seul un parasite unicellulaire a été observé dans le tube digestif, un Sporozoaire de type Grégarine. L’examen des coupes histologiques des différents organes n’a montré la présence d’aucun agent pathogène connu.

– La Grégarine est localisée dans les cellules épithéliales du tube digestif, maisquand l’infestation est très importante, les parasites sont également observés dans le tissu conjonctif.

– Les lésions les plus souvent observées correspondent à des destructions et à des desquamations localisées des cellules épithéliales.

 

Les prédateurs

Les prédateurs de la nacre sont nombreux et attaquent à tous les stades de l’huître perlière.

·         Les larves de P. margaritifera font partie du plancton et sont ingérées par les animaux planctonophages dont font partie les nacres adultes.

·         Les jeunes nacres sont les plus sensibles à la prédation. Très petites, elles sont attaquées par des crabes et des Mollusques Gastéropodes, les Cymatium. Ce sont de petits coquillages qui percent la coquille afin de tuer et de manger l’animal.

·         Chez les individus plus âgés (4-5 cm), ce sont les poissons (Huehue, Totara, Oiri, Mara, poissons perroquets, les raies) et les tortues qui viennent s’attaquer aux nacres. Ph 1 et Ph 2

La tortue    

tortue           

Le Baliste

baliste

Raie Léopard

raie leopard

  • Pour les nacres élevées sur le fond, il faudra se méfier des Murex (Pu taratara) qui, comme les Cymatium, percent les coquilles et s’attaquent même à de très gros individus.
  • Les pieuvres sont également des prédateurs de l’huître perlière.
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